Pages d’Histoire 4-5


Les débuts de la Résistance


Résister c’est d’abord refuser l’occupation allemande et la politique collaboratrice du maréchal Pétain. Stimulées par la présence d’Italiens antifascistes et de républicains espagnols, des réactions se manifestent dès 1940 dans les sections syndicales des grandes entreprises de la région. Peu à peu, des actions de propagande, de renseignement et bientôt de lutte armée s’organisent et se multiplient, malgré les arrestations.

Des responsables européens de la communauté protestante, réunis à Pomeyrol (commune de Saint-Etienne-du-Grès) en septembre 1941, s’élèvent, contre l’exclusion des Juifs et la politique de collaboration du régime de Vichy, considérant « comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre ».

Des femmes et des hommes fournissent des faux papiers ou hébergent des personnes persécutées. Résister, c’est également exprimer ce refus à travers des tracts, des journaux édités et distribués clandestinement. En dépit de la surveillance et de la répression policière, les milieux ouvriers arlésiens, rôdés à l’action syndicale, demeurent particulièrement actifs dans cette Résistance.




Renseigner les alliés,
combattre l’occupant

En s’organisant, la Résistance prend des formes plus militaires. Les réseaux de renseignement, tels le réseau Carte, en contact permanent avec les Alliés, fournissent de précieuses informations sur les positions, les armements et les mouvements des troupes ennemies. Des groupes francs multiplient coups de main et sabotages contre l’occupant.
Leurs bataillons se forment au sein des milices patriotiques ou des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Parmi eux, nombre d’immigrés antifascistes, notamment italiens ou espagnols, sont regroupés au sein des bataillons de la Main d’œuvre immigrée (FTPF-MOI). Chacun des grands mouvements nationaux de la Résistance, de Combat à Libération en passant par le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, sont représentés en pays d’Arles.


Radio Londres, une arme de guerre

« La grande arme secrète, ce n’étaient pas les V1, V2, c’était la radio. Et ce sont les Anglais qui l’ont mise au point« . Ainsi s’exprimait Jean Galtier-Boissière, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, témoin de la violence d’une guerre des ondes qui s’est jouée au quotidien entre trois radios majeures, Radio Paris, Radio Vichy et la BBC.
Dès 1925, Hitler avait écrit dans son livre Mein Kampf : « En période de guerre, les mots sont des armes ». Quinze ans plus tard, la radio allemande était devenue une arme redoutable « aussi efficace que des chars sur les champs de bataille« , selon le ministre de la propagande allemand, Joseph Goebbels. La bataille des opinions était lancée et, dans ce jeu de séduction et de propagande, la BBC allait remporter une victoire sur les cœurs et les esprits, devenant le fer de lance d’une résistance civile sans précédent.
Des lettres inédites retrouvées dans des cartons d’archives, en Angleterre, témoignent de cette relation unique tissée entre Radio Londres et ses auditeurs, et nous révèlent l’état de l’opinion publique de ces Français sous le joug allemand. « Chers amis anglais, merci pour le réconfort qu’apportent vos émissions aux Français restés avides de liberté, aux Français qui n’acceptent pas d’être mangés à la sauce hitlérienne, à ceux qui gardent au cœur, avec la rage impuissante contre les mauvais bergers, l’espoir tenace d’un relèvement » (une auditrice de Béziers, 20 juin 1940).