Pages d’Histoire 6b


« La persécution des Tsiganes en Europe »

Les Tsiganes sont persécutés par le régime nazi dans toute l’Europe

Leur destin est en de nombreux points parallèle à celui des Juifs. Les « Einsatzgruppen » (groupes d’intervention) assassinent des dizaines de milliers de Tsiganes dans les territoires de l’Est occupés par les Allemands. Les Tsiganes subissent l’internement, le travail forcé et la déportation dans les camps de concentration et d’extermination, notamment dans les camps de Bergen- Belsen, Sachsenhausen, Buchenwald, Dachau, Mauthausen et Ravensbrück. Le « camp de familles » (Familienlager) et «camp tsigane» (Zigeunerlager) d’Auschwitz-Birkenau, ouvert en 1942, regroupaient 20 000 personnes.

Le médecin chef d’Auschwitz, le docteur Mengele, y procéde à des expérimentations pseudo-médicales, notamment sur des enfants tsiganes marqués du sigle « matériel de guerre ».
Sur les 23 000 Tsiganes déportés à Auschwitz, 19 000 ont péri.

Après la guerre, la discrimination contre les Tsiganes ne cesse pas, la République fédérale d’Allemagne décide que toutes les mesures prises contre les Tsiganes avant 1943 relèvent d’une politique légitime de l’État et ne nécessitaient pas de réparations. Le Chancelier allemand Helmut Kohl reconnut formellement la réalité du génocide des Tsiganes en 1982. Mais à cette date, la plupart des victimes susceptibles de toucher des réparations étaient déjà décédées.
Contrairement à ce qui se passa dans d’autres territoires occupés, les Allemands ne donnèrent jamais l’ordre de déporter les Tsiganes internés en France. Il n’y eut donc pas de déportation de masse, mais des Tsiganes ont bien été déportés individuellement pour d’autres motifs, arrestations arbitraires de l’occupant allemand, déportations dans le cadre du travail forcé ou faits de résistance.




Le camp de Saliers

En mars 1942,
le gouvernement de Vichy décide, de sa propre initiative, de regrouper dans un même camp les Nomades internés ou assignés à résidence en zone Sud.
Le camp est conçu comme un instrument de propagande pour faire face aux nombreuses critiques qui s’élèvent à l’étranger contre la politique d’internement de Vichy. Le choix de l’implantation se porte sur la Camargue, censée être le « berceau de la race nomade », en raison du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
Un premier groupe d’une cinquantaine de Nomades y est envoyé, en provenance du camp de Rivesaltes. En novembre 1942, un groupe de 300 personnes les rejoint. L’objectif est d’amener sous la contrainte les nomades à la sédentarisation en leur offrant la possibilité d’exercer une activité considérée comme « traditionnelle » : la vannerie, l’osier poussant en abondance sur ces terres marécageuses.
La température estivale élevée, la présence constante du mistral ne# facilitent pas la vie quotidienne, les constructions sont inachevées, le chauffage n’est pas prévu, l’électricité n’est jamais installée, les parasites pullulent et la présence constante des moustiques est difficilement supportable.

Ouverture administrative: 15/06/1942 – 15/10/1944 Superficie: 4 hectares, 72 ares, 38 centiares
Architectes des Monuments Historiques: Jacques Van Migom – 30 cabanes camarguaises de 4m x 8m.
Autorité de tutelle: Secrétariat d’État au Travail (Service Social des Étrangers), puis à partir du 28/02/1943, Ministère de l’Intérieur
Occupation par les internés: 03/07/1942 – 15/10/1944 – Destruction du lieu: 1953
Population: nomades, forains et quelques paysans
Capacité d’accueil: 300 Occupation maximale: 380 (décembre 1942)
Nombre d’internés recensés et identifiés: 662
Nombre de personnes décédées au camp: 25
Nombre de personnes décédées passées par le camp: 36


Le camp de Saliers ( photos Mathieu Pernot )