Subir la répression : les déportations

La répression frappe de plein fouet les résistants. Le régime de Vichy puis l’occupant allemand encouragent les dénonciations et multiplient les arrestations, les perquisitions, les internements, et les déportations afin d’instaurer un climat de terreur pour juguler la Résistance. Des camps d’internement, dits « de séjour surveillés » sont aménagés sous l’autorité du régime de Vichy. Ces camps, comme celui d’Eysses dans le Lot-et-Garonne où nombre d’Arlésiens se retrouvent, constituent l’antichambre de la Déportation vers les camps nazis. Nombre d’hommes et de femmes y vivent l’enfer. Certains, comme Joseph Imbert, y perdent la vie.

Micheline Méjean. Née le 9 septembre 1913 à Avignon, décédée en 1994 à Paris. Micheline Méjean entre dans le réseau Carte aux côtés de son époux, Jean. Leur maison de la Roquette abrite un certain nombre d’agents de liaison aux soins de « Michette » qui les cache et les nourrit. C’est là qu’elle est arrêtée, devant les yeux de sa fille, Annie, dans la rafle du 21 avril 1943, avec trois agents de liaison. Elle est déportée au camp de Ravensbrück et affectée au kommando d’Holleischen où elle doit fabriquer des munitions à la chaîne. Elle parvient à plusieurs reprises avec ses camarades à ralentir et à saboter le travail, déjouant la surveillance des contremaîtres. Libérée le 5 mai 1945, elle est rapatriée en France par la Suisse. À Arles, elle retrouve sa fille Annie, mais apprend avec une immense douleur la déportation et la mort de son mari au camp de Mauthausen. Aidée par Paul Geniet, elle travaille aux ponts-et-chaussées avant d’obtenir une bourse pour des études d’assistante sociale dans l’armée de l’air et de s’installer à Paris.

Né en 1921 à Calcinais en Italie, décédé en 2000 à Arles. Venu retrouver en France un père anarchiste qui avait fui le fascisme, Charles (Cafiero) Barontini a commencé à travailler à l’âge de douze ans comme laveur de bouteilles, puis comme terrassier en Camargue. Il a milité dès le Front populaire à la CGT, avant de rejoindre le Parti communiste clandestin dans la Résistance. Arrêté avec quatre camarades en août 1941 pour avoir peint des inscriptions anti-pétainistes contre le mur du cimetière d’Arles, il est emprisonné à Marseille, à Nîmes puis à Eysses (Lot-et-Garonne). En février 1944, il est déporté à Dachau après avoir participé à la grande mutinerie. Il est affecté au kommando de Landsberg chargé de préparer des terrains d’aviation pour les Allemands. Il est libéré du camp par les Alliés le 29 avril 1945. Après guerre, Charles Barontini poursuit son combat en faveur des droits de l’homme à la tête de la commission nationale de la MOI devenue Secteur immigration du PCF, et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Né le 28 août 1919 à Saragosse (Espagne) – décédé le 19 mai 2007 à Arles. Paysan près de Saragosse, il est incorporé dans le bataillon d’infanterie à Lérida lorsque la Guerre d’Espagne éclate. En 1939, pris dans la Retirada, il franchit la frontière espagnole et est interné près d’Albi. Agustin Garcia est affecté aux travaux de défense sur la ligne Maginot jusqu’à la défaite. Il est alors fait prisonnier et déporté dans le camp de Mauthausen en Autriche, qui regroupe essentiellement des Espagnols. Ce camp est tristement célèbre pour sa carrière et son terrible escalier que les déportés, après avoir charrié des pierres toute la journée, doivent monter pour regagner leur baraquement.
À la libération du camp le 5 mai 1945, Agustin Garcia s’installe à Arles.

Joseph lmbert, né en 1903 à Arles. est un résistant français, mort en déportation. Il était médecin de profession après des études à Marseille puis Montpellier. Chef du groupe Libération, Maire d’Arles de 1936 à 1939, jusqu’à la date symbolique du 11 novembre 1940, où il démissionne avec l’ensemble de son conseil municipal. Il quittera Arles sous une fausse identité, afin de passer inaperçu devant les nazis qui avaient découverts son lien important avec la résistance, et qui, le sachant à l’hôpital, avaient tenté de le trouver. Arrêté le 2 mars 1943, il est interné aux Baumettes à Marseille, puis transféré à la prison de Fresnes à Paris avant d’être déporté au camp de Dora-Mittelbau en Allemagne, un ensemble d’installations pour l’industrie de guerre allemande. Il est affecté au kommando de Nordhausen. Le 4 avril 1945, parqué avec d’autres déportés dans les garages des blindés SS, le camp est bombardé par l’aviation américaine vers 9 h 30. Joseph Imbert, resté debout et chantant le Chant du départ, disparaît.
Construit en 1971, l’hôpital d’Arles porte son nom et perpétue son souvenir.
L’Allemagne sous la dictature hitlérienne 1939-1945

Carte murale scolaire grand format intitulée : L’Allemagne sous la dictature hitlérienne (1933-1945) Édité par Werner Hilgemann. La carte, à l’échelle 1/600 000, représente l’Allemagne et ses pays voisins tels qu’ils existaient sous le Troisième Reich. La carte comprend des informations sur l’État nazi, les camps de concentration, l’extermination des Juifs et la résistance.
Devoir de mémoire, Colette Laffineur
Marquage des prisonniers dans les camps nazis

Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands a adopté et développé diverses classifications raciales pseudo-scientifiques dans le cadre de son idéologie pour justifier le génocide de groupes de personnes qu’il considérait comme racialement inférieurs. Les nazis considéraient la soi-disant « race aryenne » comme une « race maîtresse » supérieure, et les Juifs, les Africains, les métis, les Roms, les Slaves et d’autres groupes ethniques comme des « sous-humains » (Untermenschen) et racialement inférieurs, dont les membres étaient destinés au travail forcé et l’extermination. Ces croyances sont issues d’un mélange d’anthropologie du XIXe siècle, de racisme scientifique. Ces doctrines ont conduit aux massacres et génocides en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce tableau signalétique est un concentré de l’idéologie suprémaciste développée par les nazis. Il y manque « l’art dégénéré », les handicapés, les malades mentaux. Il est effrayant de constater que cette obsession des catégories à malmener n’a pas vraiment disparu de la planète des « Droits humains ».



