Commémoration du Camp de Saliers 23 mai 2024
Accompagné de la Vice Présidente et des portes drapeau de l’ANACR et la FNDIRP, le président du CRDA a déposé une gerbe devant la stèle érigée en 2006 sur l’initiative du CRDA.


Un pierre marque l’entrée du camp :

Retrouvez le discours prononcé par le Président devant les représentants du Comité des Tsiganes, de L’Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens, de l’Union Française des Associations Tsiganes, des élus d’Arles et des Saintes Marie de la Mer et d’un public nombreux venu se recueillir devant le monument.
« Nous voici à nouveau réunis pour la commémoration annuelle du 23 mai, en hommage aux victimes du Camp de Saliers, un camp d’internement pour « nomades » (selon la terminologie de l’époque) construit sur décision du régime de Vichy, ouvert le 15 juin 1942. Un camp de la honte dont il ne reste que l’entrée à peine visible, marquée d’une pierre, derrière nous de l’autre côté de la route.
Ce camp a été rasé au début des années cinquante, pour enfouir au plus vite la mémoire des souffrances et des sacrifices des 700 nomades internés ici de juin 1942 à octobre1944. Les internés y furent exposés aux rigueurs de la Camargue, parqués dans des conditions sanitaires indignes. En rasant ce camp on a voulu aussi enfouir la mémoire de ceux qui en sont morts, hommes, femmes, petits enfants. Par la suite et comble de l’hypocrisie : des concepteurs d’un projet de camp, sorte de village modèle pour gitans, voulait en faire une attraction touristique en construisant un habitat de cabanes de gardians, où il ferait bon vivre. Mais ce n’était qu’inconfort des cabanes et surpopulation comme l’atteste des photos et des dessins d’époque.
Mais la Mémoire est parfois plus têtue que la volonté d’ignorer un passé peu glorieux. Si le 2 février 2006 nous avons pu inaugurer ce mémorial en hommage aux internés du camp de Saliers, c’est grâce à la volonté conjointe et à la mobilisation sans faille de ceux qui se sont mis au service de la vérité historique associations d’anciens combattants, habitants de Saliers, communauté gitane, associations qui travaillent encore aujourd’hui au témoignage du génocide de Tsiganes qui a fait plus de 250 000 morts, exterminés dans les camps nazis. La cheville ouvrière de cette mobilisation fut sans conteste une association l’Association pour un Musée de la Résistance et de la Déportation d’Arles et Pays d’Arles devenue aujourd’hui le CRDA, Centre Résistance e Déportation d’Arles et Pays d’Arles, avec son président de l’époque Georges Carlevan (dont nous saluons la présence parmi nous aujourd’hui) et qui s’est dépensé sans compter pour faire aboutir le projet. Rappelons à ce sujet le rôle majeur qu’a joué le colloque sur le camp de Saliers, tenu en salle d’honneur de la Mairie d’Arles ce 2 Février 2006.
A l’occasion de l’inauguration de cette stèle un membre de la communauté gitane de l’époque faisait fort justement remarquer que la mémoire des populations nomades relève avant tout de la tradition orale. Et pour consolider et prolonger cette fragile transmission, nous, membres du CRDA, serons toujours actifs à vos côtés pour célébrer et faire respecter la mémoire de ces hommes.
Ce que nous célébrons aujourd’hui par notre présence à tous, c’est la victoire de la Mémoire sur l’oubli et le déni. Nous savons que cette victoire ne va pas sans le soutien d’une volonté politique forte. Merci à ceux qui l’ont compris à l’époque et à ceux qui continuent et continueront à le comprendre.«
